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Mohamedou Sellahi se confie à CBS News : "pendant 70 jours consécutifs, j’ai été mis sur un bateau et forcé de boire de l’eau salée, jusqu’à l’étouffement"

mercredi 15 mars 2017 : 19h04

Mohamedou Ould Sellahi, a été maintenu en détention, malgré l’absence d’un chef d’accusation, pendant 14 ans dans la prison, à la mauvaise réputation Guantanamo.
Reçu par la chaîne TV Satellitaire CBS NEWS, il revient sur l’émission « 60 minutes », sur les raisons qui l’ont poussé à pardonner, malgré les sévices subis d’une part et l’admiration qu’il voue pour les américains, d’autre part.
« Mes premières années à Guantanamo étaient difficiles. j’ai subi des interrogatoires pendant 70 jours consécutifs, quasiment pour toute la journée. j’ai été soustrait de ma cellule, mis sur un bateau et forcé de boire de l’eau salée, jusqu’à l’étouffement. Ma tenue était bourrée de glace, jusqu’à grelotter de froid avant d’être battu », a-t-il dit.
« La colère est très douloureuse dans le cœur », dit-il à Williams. "Alors pourquoi devrais-je être en colère ? Pourquoi dois-je payer deux fois ?"

Un pardon authentique

Les Américains l’ont peut-être emprisonné et torturé, mais les Américains l’ont aussi aidé à se faire libérer de Guantanamo, et à éditer et publier un livre sur son expérience, appelé Guantánamo Diary. Distribué alors que Sellahi était encore prisonnier, le livre a été traduit en 27 langues. Son stock est épuisé selon CBS NEWS
"Il est profondément conscient du soutien considérable apporté à sa cause par le peuple américain aussi bien", dit Williams. " je pense que cela l’a poussé à garder des sentiments moins méprisants à l’endroit des Américains", ajoute-t-il. Selon son avocate Nancy Hollander, une américaine qui a lutté pour la libération de Sellahi, le cas de Mohamedou, diffère de tous ceux sur lesquels elle a eu à travailler.
« Mohamedou est plus qu’un simple client pour moi », dit-elle. "Après 11 ans et beaucoup, d’heures ensemble, beaucoup de repas ensemble, des lettres, nous sommes vraiment devenus amis", ajoute-t-elle.
"C’est un homme qui a cru dans la puissance des mots et le pouvoir de la littérature de transmettre la vérité, de changer l’esprit des gens", dit Larry Siems, l’éditeur de « Guantanamo Dairy ».
« Il a appris l’anglais tout en étant détenu à Guantanamo et où il a continué d’écrire jusqu’à sa sortie de prison », a-t-il ajouté. "Il croyait que si nous venons à lire son histoire, que nous la racontons, nous prendrons la bonne décision," poursuit-il. Sellahi dit qu’il a rompu ses liens avec Al-Qaïda, qu’il avait rejoint pour participer au jihad.
Son cousin, était cependant un conseiller spirituel d’Oussama ben Laden. Quand ce dernier l’a appelé au téléphone de Ben Laden, il est devenu dépuis une cible des États-Unis.
Pendant ces années en détention, Sellahi a imprégné par la langue et la culture américaines. Il a regardé "The Sopranos" et "The Big Lebowski" et il a lu des livres comme "The Catcher in the Rye" et "Divine Secrets of the Ya-Ya Sisterhood".
Il a gardé également un sens aigu de l’humour. Quand Hollander lui a demandé combien de fois il avait été interrogé, il a répondu : « C’est comme demander à Charlie Sheen combien de copines il a.
Mais sur le sujet de la torture, Sellahi ne plaisante pas.
"Il est évidemment très marqué par ce qu’il a vécu," dit Williams "Et pourtant, il a réussi à sortir. Il a réussi à rentrer à la maison, et il est rentré à la maison avec sa dignité et aussi avec cette idée qu’il ne tient pas une rancune. "Il n’est pas en colère. Il pardonne plutôt. Je pense que c’est un homme hors du commun », conclu-t-il.

Cridem

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